ELLE S'APPELAIT ROSALÛTRE

(Extrait du journal intime de Jean Pol Tronic)

 

 



Elle s’appelait Rosalûtre. Je l’avais rencontré un jour que je déambulais hagard, à la piscine de l’hôtel dans lequel nous étions descendus, Bernard Lavilliers et moi-même (en effet, je connais personnellement BL). Oui, elle s’appelait Rosalûtre et je compris rapidement à son petit accent québécois qu’elle n’était pas plus brésilienne que Winnie l’ourson. Non. Elle n’était pas brésilienne et d’ailleurs, je m’en foutais bien pas mal. Nous eûmes cependant, quelques premiers attouchements pendant que Bernard demeurait dans sa chambre, occupé à la confection d’une bite en allumettes avec les restes de sa guitare préférée. Celle-là même que j’écrasai la nuit précédente, sur les bouclettes narquoises de son crâne d’aventurier de l’harmonie moderne. Pourquoi Winnie l’ourson…? Me demandais-je soudain, alors qu’elle m’envoyait la main au paquet.

La pulpeuse Rosalûtre possédait un cerveau, à l’intérieur duquel l’idée de faire bouffer à Bernard la totalité de son jerrican de Super Glue germa, et amusa tout le monde, il faut bien l’avouer. La crise d’hilarité fût telle, que nous dûmes arrêter la touze et nous précipiter vers les ascenseurs de l’hôtel, direction le cinquième étage et la chambre de Bernard. La première tentative fût désastreuse. En effet, les ascenseurs étant factices, il nous fût tout d’abord impossible de les emprunter. Ensuite, ce fût pareil. Nous décidâmes donc et d’un commun accord, de nous en passer. Nous poussions des cris de joie en jetant des poignées de verre pilé et de limaille de fer sur le chemin du placard à balais que nous avions confondus avec les gogues. Quelqu’un suggéra d’emprunter plutôt les escaliers pour parvenir au cinquième Étage. Il trépassa quelques secondes après, d’un arrêt cardiaque du cœur.

“ Ringo ! Range ton couteau de boucher ! “

Cria quelqu’un.
“ Je ne m’appelle pas Ringo ! “
Lui répondit un autre.
“ Toi, ta gueule ! C’est à Ringo que je parle ! “
Dit le premier au second, en regardant un troisième.
“ Je ne m’appelle pas Ringo non plus ! “  
Rétorqua le troisième au premier.  
“ Mais enfin merde ! Qui est Ringo ? “
S’exclama le premier, avant de prendre un couteau de boucher dans le bide et de s’écrouler dans d’atroces souffrances, ponctuées de spasmes et de gémissements divers.
“ Ne nous égarons pas les gars ! Le jerrican de Super Glue ! La chambre de Bernard ! Tout le monde au cinquième étage ! “
Hurla un quatrième en s’écroulant d’un coup, suite à la réception brutale d’une flèche dans l’œil droit.
“ MAIS OUAAIIS ! ! “ Cria tout le monde, en se précipitant vers les ascenseurs toujours aussi  factices.

Mais le sol s’effrita sous nos pieds et nous fûmes précipités dans un abîme sans fond qui aurait pu nous être fatal si le sol s’était effectivement dérobé sous nos pieds…

Quand enfin, et sans vraiment savoir comment, nous arrivâmes au cinquième étage, dans la chambre de Bernard donc, le malheureux gisait pendu avec sa corde de mi, aux pales du ventilateur qui par ailleurs, coupaient tranches à tranches son crâne épais comme du manioc. Le dernier texaco venait de fermer ses portes. Il n’y avait guère que les moustiques pour se faire chier de la sorte à louer des costumes de mouches à merde dans le simple but de nous prendre pour des cons. D’ailleurs, personne ne fût dupe de ce carnaval d’insectes se gondolant béats sur les canaux des premières couches de la cervelette béante de ce bon vieux Bernie… Bien fait pour sa gueule... Il aurait pas dû venir.

Oui, elle s’appelait Rosalûtre...  (ici une description du personnage. Coupée au montage. C’est chiant les descriptions. Surtout quand elles sont indigestes. Ce qui était le cas de la mienne. Je suis nul en descriptions)

Elle disait...

- Ho darling, sais-tu que dans nos corps sont cachés trois millions de connexions olfactives invisibles appelées : "glandes sudoripares" ?

Non... mais si pouvais te foutre à poil.  Que je lui répondais... Alors elle disait :

- Sait-tu que ces connexions s’échangent des amabilités en langage codé, comme autant de messages chimiques ? Lesquels agissent directement sur nos stocks d’hormones et sur nos comportements sexuels en particulier ?

- Non plus... Mais... Si tu pouvais te déssaper rapide, ça m’arrangerait un peu. C’est pour une chanson. Enfin, je t’expliquerai. Que je lui répondais... Alors elle disait :

- Figure-toi que c’est aussi l’une des facultés que nous partageons avec les abeilles et les éléphants !

- J’ai envie de dormir.

- C’est marrant non ?

- Oui, c’est très marrant.  Alors elle disait :

- Et je suppose que tu n’es pas du style à savoir que : “des produits du corps humain peuvent réguler un mécanisme neuro-hormonal chez d’autres humains, sans être consciemment perçus comme des odeurs et, que nous avons le potentiel de communiquer phéromonalement “.

- Non... je ne suis effectivement pas du style... mais si tu pouvais fermer ta gueule et te foutre à poil jj...

-  Ho darling ! Humecte mes glandes apocrines !

    Elle s’appelait Rosalûtre. Et elle n’avait pas que des organes génitaux. Non. Elle avait aussi des copines. Le lendemain, lors des obsèques de Bernard, je fus intr… présenté à l’une d’entre elles, une certaine Priscillître (J’appris plus tard que son frère était un épi de maïs transgénique, mais là n’est pas le propos). La jeune Priscillître présenta l’amusante particularité de m’inviter chez elle pour boire un verre après la cérémonie. Je prétextai donc une urgence professionnelle pour congédier la pulpeuse Rosalûtre, après avoir présenté l’amusante particularité d’accepter la proposition de la perfide Priscillître. Je me dit qu’après tout, une nuit-d’hygiène-sexuelle-avec-une-inconnue-m’invitant-à-échanger-des-faveurs-érotiques-chez-elle-en-buvant-du-champagne, ne pouvait pas me faire de mal. En chemin, je me demandai lequel de nous deux allait en fait niquer l’autre ainsi que laquelle de mes grandes spécialités j’allais bien pouvoir lui dévoiler... Le coup du : « pivot de la joie » ? Ou celui de : « la pompe à essence » ? Mais, en "son" for intérieur, je savais que j’allais opter pour : « la descente du créateur ». Je suis un artiste,merde ! Enfin, il paraît.

Deux heures plus tard, nous sirotions du Dom Pé dans son jacuzzi rose en parlant mécanique quantique. Je terminais à peine ma troisième coupe quand le système de création des remous rendis l’âme. Après un échange de regards stupéfaits et tandis que je remplissais à nouveau mon verre, j’entendis comme un petit glouglou...Priscilître me regardait niaisement.  Mais vraiment très niaisement. Sans doute la fin de la panne que je me dit comme ça, incitant ma délicieuse compagne (laquelle me regardait toujours, et de plus en plus niaisement ) à trinquer pour fêter cette bonne nouvelle qui n’en était pas une.

C’est à l’odeur que je compris que ce n’était pas la résurrection du système de remous, mais la perfide Priscilître qui pétait sans vergogne dans ce putain de jacuzzi rose. D’où cet air d’une insoutenable niaiserie qu’elle continuait d’afficher avec… Enfin avec… Bref, elle s’appelait Pricilître, c’était la copine de Rosalûtre et elle s’y connaissait bien en mécanique quantique. Elle disait :

- J’ai lu dans le journal qu’un grand savant français avait déclaré, je cite : la physique de l’infiniment petit est si éloignée de l’intuition et du bon sens que la seule façon de l’aborder est le langage mathématique.

- Certes… Mais ne t’imagine pas pour autant me faire oublier par cette diversion mesquine, que tu as quand même  cassé l’ambiance en pétant dans ce jacuzzi rose.

    Que je lui répondis. Tandis qu’elle récidivait... La coquine. Cette fille était vraiment et puis même fougueusement vraiment tellement originale. C’est vrai. Mais elle avait désespérément cassé l’ambiance et aussi, elle s’appelait Pricilître (Ici une descritp…). C’était l’une des meilleurs copines de Rosalûtre, mais il convient d’avouer quand même, que ses petites louffes sous-marines tout autant que jacentes et tout autant sournoises, venaient d’avoir raison d’une érection pourtant tenace.

    J’entrepris d’insulter ses parents. Sa syntaxe approximative et de multiplier les remarques désobligeantes sur sa tenue vestimentaire, tout en finissant consciencieusement de descendre le magnum de champagne. Assommer une belle femme bourr... pleine d’humour et d’esprit (sans compter la forte poitrine) étant déjà en soi, un acte peu compatible avec la classe toute britannique et l’extrême raffinement qui me caractérisent  Je décidai de limiter les dégâts en évitant de gâcher, ne serait-ce qu’une seule goutte de ce délicieux Don Pérignon.

Une fois le champagne éclusé, je lui éclatai enfin la boutanche sur la tronche pendant qu’elle devisait sur les mérites comparés du monde microscopique selon Albert Einstein et Niels Borh...  Je bouclai ma valise. Chiai dans le jacuzzi rose et disparu bourré dans la nuit mexicaine.    

Jean Pol Tronic



 

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